Bulletin de l’égalité des chances en éducation, édition 2025

Publié le 27 août 2025

Faits saillants

Ce sommaire offre un aperçu d’éléments importants de cette édition du Bulletin. Pour une compréhension complète et nuancée des données, des analyses et des conclusions, il est recommandé de lire l’intégralité du rapport ou, du moins, l’entièreté de la section qui se rapporte à l’un ou l’autre fait saillant d’intérêt.

Petite enfance

  • Le nombre de places en centres de la petite enfance (CPE0 au Québec est réparti relativement également pour les quintiles de défavorisation matérielle, tandis que la répartition par quintiles de défavorisation sociale est davantage orientée vers les milieux les plus défavorisés, indiquant un accès plus important aux parents dont le réseau social est peu développé.
  • On constate des inégalités au regard du nombre de places par 10 000 habitants en CPE, soit le service éducatif à l’enfance offrant le niveau le plus élevé de qualité (ISQ, 2015). Les données montrent que le ratio de places en CPE est généralement plus faible dans les régions plus éloignées, alors que des régions plus urbaines, malgré des niveaux de défavorisation similaires, offrent un ratio plus élevé de places. Montréal et le Nord-du- Québec présentent les taux les plus élevés de places en CPE par 10 000 habitants, tandis quela Mauricie, l’Abitibi-Témiscamingue et le Bas Saint-Laurent affichent les taux les plus bas.
  • Le Nord-du-Québec, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et l’Abitibi-Témiscamingue ont un plus grand nombre de places en CPE en milieux défavorisés sur le plan matériel, tandis que Montréal, l’Abitibi-Témiscamingue et le Centre-du-Québec offrent davantage de places dans les milieux défavorisés sur le plan social.
  • L’âge de début de fréquentation d’un service éducatif est plus bas dans certaines régions (ex. Bas-Saint-Laurent, Saguenay-Lac-Saint-Jean) et plus élevé dans d’autres (ex. Montréal, Laval), indiquant une inégalité d’accès ou une différence d’intérêt des parents à utiliser les services. À Montréal et Laval, une proportion notablement plus élevée d’enfants commence à fréquenter un service éducatif à l’enfance à partir de 18 mois plutôt qu’entre 0 et 11 mois, comme c’est le cas dans la majorité des autres régions.
  • Le principal type de service éducatif à l’enfance fréquenté dépend du contexte régional. Les enfants en milieux urbains fréquentent en proportion plus élevée des garderies subventionnées ou non subventionnées (Montréal et Laval), ou encore de type autre ou non reconnu (Capitale-Nationale) que le reste du Québec, alors que les enfants issus des milieux plus ruraux sont significativement plus nombreux à fréquenter les CPE et les services éducatifs en milieu familial (p.ex. Estrie, Saguenay-Lac-Saint-Jean, Abitibi-Témiscamingue).
  • Le taux de fréquentation des services de garde à temps partiel est en moyenne de 15,6 % en régions rurales contre 8,9 % en régions urbaines.

Préscolaire

  • Le taux de fréquentation de la maternelle 4 ans et du programme Passe-Partout est plus élevé dans les régions rurales ou éloignées, comme Chaudière-Appalaches (33,7 %), la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (30,5 %), et Abitibi-Témiscamingue (26,3 %)
  • Enfants vulnérables : Toutes les régions administratives où la proportion des enfants vulnérables est la plus élevée sont des régions rurales ou éloignées.

L’enseignement primaire

  • Au primaire, nous constatons une forte différenciation régionale des écoles privées. Si la proportion d’élèves inscrits dans le réseau privé au primaire avoisine les 6 % au niveau provincial depuis plusieurs années, les régions de Montréal et de la Capitale-Nationale sont les seules à être au dessus de cette moyenne provinciale. La Côte-Nord, l’Abitibi-Témiscamingue, le Nord-du-Québec et la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine n’ont pas d’offre privée au primaire. Cela était aussi le cas du Bas-Saint-Laurent jusqu’à tout récemment.
  • La proportion d’élèves présentant un retard à l’entrée des 2e et 3e cycles du primaire au niveau provincial est plus élevée dans le réseau public que le réseau privé. Elle est aussi plus élevée chez les garçons que chez les filles. Aussi, des variations régionales sont observables pour cet indicateur. Dans la région de Laval, la proportion de retards est la plus faible du Québec chez les garçons (5,0 en 2022-23) alors que pour les filles, elle l’est dans les Laurentides (3,7 %). À l’autre extrême, les plus fortes proportions de garçons (39,1 % en 2022- 23) et de filles (35,3 % en 2022-23) en retard se retrouvent dans le Nord-du-Québec. Globalement, la situation est plus critique dans les régions éloignées.
  • Au niveau provincial, la proportion d’EHDAA est plus élevée dans le réseau public que le réseau privé. Elle est aussi plus élevée chez les garçons que chez les filles.
  • La proportion d’EHDAA inscrits en classe régulière est plus élevée dans le réseau public que le réseau privé. Outre un écart selon le réseau, une disparité selon le genre est identifiée : les filles ayant un statut d’EHDAA ont plus de probabilité d’être en classe régulière que les garçons.
  • La proportion des élèves avec une entrée tardive au secondaire fréquentant le réseau public est plus élevée que celle des élèves qui fréquentent le réseau privé au niveau provincial (un écart de 6,6 points en 2022-23) comme à l’échelle régionale (écarts variables). La proportion la plus faible d’entrées tardives dans les écoles privées est de 1,2 % dans la région de Laval. Le plus faible pourcentage dans les écoles publiques est de 5,3 % dans Laval et les Laurentides. À l’autre bout du spectre, la part la plus élevée dans les écoles privées est de 5,3 % en Estrie et dans les écoles publiques de 37,2 % dans le Nord-du-Québec. La proportion d’élèves entrant tardivement au secondaire diminue pour toutes les régions, sauf la Côte-Nord et le Nord-du-Québec
  • Les garçons du Québec ont plus de chance d’entrer tardivement au secondaire que les filles.

L’enseignement secondaire
La formation générale des jeunes (FGJ)

  • La proportion d’élèves inscrits en formation générale dans le réseau privé au secondaire est stable. Un élève sur cinq fréquente une école privée dans l’ensemble du Québec. Les écoles privées s’installent davantage dans les milieux urbains. Une grande concentration se fait sentir à Montréal, alors qu’en 2022-2023, plus d’un élève sur trois fréquente le privé. Parmi les autres régions ayant un fort contingent dans l’enseignement privé, nous retrouvons la Capitale-Nationale (23,8 %), Laval (21,3 %), la Montérégie (20,1) et l’Estrie (20,6 %). L’Abitibi-Témiscamingue, le Nord-du-Québec et la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine n’ont pas d’offre scolaire privée au secondaire.
  • Bien que des variations existent entre les régions, toutes ont enregistré une augmentation de leur taux de diplomation et de qualification au secondaire, à l’exception de la Mauricie. Les taux se situent au-dessus de 80 % tant chez les garçons que les filles à Montréal, Laval et dans la Capitale-Nationale. Cependant, dans les régions éloignées, les taux sont plus faibles, comme dans le Nord-du-Québec.
  • Le taux de diplomation et de qualification des élèves issus de l’immigration de 1ère génération du réseau public est celui qui a connu la plus forte augmentation. Les élèves issus de l’immigration de 2e génération tireraient moins profit du réseau privé que les élèves non issus de l’immigration fréquentant également ce réseau : le premier groupe a un taux de diplomation et de qualification au secondaire moins élevé que le deuxième.
  • Le taux annuel de sorties sans diplôme ni qualification est plus élevé dans le réseau public que dans le réseau privé. De plus, ce taux est généralement plus important chez les garçons que chez les filles.

La formation professionnelle (FP)

  • Bien que la formation professionnelle soit officiellement ouverte aux élèves de tous âges, son développement a entraîné une augmentation du nombre d’élèves adultes. La majorité des élèves (80 %) a 20 ans ou plus. La moyenne d’âge se situe entre 26 et 27 ans. C’est dire que le passage vers la formation professionnelle ne se fait pas majoritairement au cours des études secondaires.
  • Au niveau provincial, la part du réseau privé en FP est passé de 3,7 % à 5,2 % entre 2014- 2015 et 2022-2023, indiquant un intérêt grandissant des établissements privés pour cette filière de formation. C’est principalement la situation à Montréal et en Montérégie qui explique l’augmentation notée pour l’ensemble de la province.
  • L’Abitibi-Témiscamingue, la Chaudière-Appalaches, le Centre-du-Québec et le Saguenay–
    Lac-Saint-Jean sont les régions avec les taux d’accès en FP 7 ans après l’entrée au secondaire les plus élevés, tandis que Montréal, le Nord-du-Québec, l’Outaouais et Laval ont les taux d’accès les plus faibles.
  • Les garçons sont proportionnellement plus nombreux que les filles à s’inscrire en formation professionnelle, et ce depuis plusieurs années et dans toutes les régions administratives de la province.
  • La majorité des hommes et des femmes inscrits en FP sont dans un programme menant à un Diplôme d’études professionnelles (DEP).
  • Le taux d’accès en FP 7 ans après l’entrée au secondaire (suivi de cohortes) est plus élevé chez les élèves ayant fréquenté le réseau public au secondaire que chez ceux ayant fréquenté le réseau privé au secondaire. Il est aussi plus élevé chez les hommes que chez les femmes.
  • Dans la grande région de Montréal, le taux d’accès des garçons est plus élevé dans la région de Lanaudière, suivi par les Laurentides et la Montérégie. À Montréal même, le taux d’accès est le plus faible. Dans la région de Québec, il est plus élevé en Chaudière-Appalaches que dans la Capitale-Nationale. Ce taux varie dans les régions mixtes et éloignées entre 11,6 % en Outaouais et 30,5 % au Saguenay–Lac-Saint-Jean et le Centre-du-Québec.

La formation générale des adultes (FGA)

  • Au niveau provincial, l’effectif en FGA indique qu’il y a davantage de femmes que d’hommes inscrits. Cependant, en ce qui concerne le taux d’accès en FGA 7 ans après l’entrée au secondaire, ce sont davantage les hommes qui accèdent à cette formation que les femmes.
  • Au niveau régional, Montréal et Laval ont les taux d’accès en FGA 7 ans après l’entrée au secondaire les plus faibles et l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, la Gaspésie-Îles-de-la- Madeleine, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et le Bas-Saint-Laurent, les plus élevés.
  • Les 25 ans et plus représentent la majorité des personnes, soit 70 % et plus, dans les services d’enseignement non crédités, sauf pour le service de soutien pédagogique, et ce, au fil des années. Dans les formations créditées, les 25 ans et plus représentent approximativement entre 20 et 45 % des inscriptions au cours des dernières années.

L’enseignement postsecondaire (collégial et universitaire)

  • La répartition régionale des cégeps publics est inégale. Montréal compte 12 cégeps (20 % du total) et 3 centres d’études collégiales (CEC). La grande région métropolitaine regroupe 47 % des cégeps et la majorité des collèges privés (21 sur 28). Québec possède 7 cégeps, 2 CEC et 4 collèges privés, tandis que d’autres régions, comme le Bas-Saint-Laurent et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, en comptent également. Au total, 75 % des cégeps et collèges privés se situent dans 9 des 17 régions administratives.
  • Au niveau universitaire, sept établissements sur les 18 que compte le Québec ont leur campus principal à Montréal : Université de Montréal, Université McGill, Concordia, Université du Québec à Montréal, l’École de Technologie supérieure, l’École des Hautes Études commerciales et l’École Polytechnique. Pour leur part, l’INRS, l’ENAP et la TÉLUQ ont des campus importants depuis de nombreuses années dans différentes régions, dont à Montréal. Leur siège social est toutefois à Québec (Capitale-Nationale).
  • Parmi les étudiantes et étudiants dont les parents ont un diplôme de baccalauréat ou plus, les taux d’accès au collégial sont élevés (>70%) et varient peu selon le lieu de résidence à l’adolescence (milieu rural/urbain ou région administrative), en particulier chez les femmes.
  • Parmi les étudiantes et étudiants dont les parents ont un niveau plus faible d’éducation, on remarque des taux d’accès au collégial beaucoup plus faibles chez ceux qui résidaient dans une région rurale à l’adolescence. Le taux d’accès au cégep des étudiantes et étudiants provenant de familles peu scolarisées à Montréal est de 59,8 % et de 21,9 % dans les régions Côte-Nord et Nord-du-Québec. Ainsi, résider dans la région métropolitaine de Montréal à l’adolescence semble être associé à un avantage marqué en termes d’accès au collégial chez les jeunes hommes et femmes dont les parents sont les moins éduqués.
  • Les jeunes hommes et femmes ayant grandi hors d’une région métropolitaine ont une probabilité plus élevée d’accéder à un diplôme d’études collégial technique lorsque leurs parents sont plus éduqués. Ce n’est pas le cas chez les jeunes ayant grandi dans des régions métropolitaines où les enfants de parents plus éduqués sont concentrés dans les programmes de DEC préuniversitaire.
  • En ce qui concerne l’accès à l’université, les différences entre régions sont importantes. Dans la région de Montréal, l’accès est plus facile à Montréal et à Laval avec des taux supérieurs à 65 % chez les familles les plus favorisées scolairement et des taux supérieurs à 25 % chez les familles moins scolarisées. Les régions éloignées ferment la marche avec des taux plus faibles surtout parmi les familles peu scolarisées ou celles ayant terminé leurs études collégiales.
  • À niveau d’éducation ou de revenu parental équivalent, les jeunes ayant grandi en milieu rural ont les taux d’accès à l’université les plus faibles, tant chez les hommes que les femmes.
  • Il y a un écart marqué en faveur des femmes au niveau de l’accès à l’université, à travers toutes les catégories d’éducation ou de revenu des parents et de lieu de résidence à l’adolescence.
  • La région de Montréal a connu une croissance élevée des titulaires d’un diplôme universitaire, passant de 21,3 % de la population en 1990 à 52,7 % en 2023, soit une augmentation de 31 points de pourcentage. En comparaison, la croissance des titulaires d’un diplôme de cégep est de 5 points de pourcentage, l’augmentation la plus importante étant en Estrie (+ 20 points).

Perspectives

  • Notre analyse souligne l’importance de politiques publiques adaptées aux réalités régionales. En milieu rural, les services de garde sont plus abordables et de qualité, mais l’offre limitée oblige de nombreuses familles à opter pour des solutions informelles. Les milieux urbains fournissent des services plus nombreux et diversifiés, mais l’offre, notamment, peine à suivre la demande. Les questions d’offre et de diversité des services devraient attirer l’attention des autorités publiques.
  • Une nouvelle politique pourrait être envisagée pour faciliter l’accès des adultes à la formation par le biais de retours aux études. Par exemple, comment encourager la reprise des études pour les adultes titulaires d’un diplôme d’études collégiales ? Et comment améliorer leurs conditions d’apprentissage une fois engagés dans cette démarche ?

Le sondage Léger/Observatoire

  • La maternelle 4 ans temps plein est perçue comme plus facile d’accès dans leur localité par les Québécoises et les Québécois ayant des enfants dans leur ménage.
  • Les Québécoises et les Québécois ayant des enfants dans leur ménage adhèrent davantage à l’idée d’inscrire un enfant en service de garde ou en maternelle 4 ans, tout en étant plutôt en désaccord avec le fait de le garder à la maison jusqu’à son entrée à l’école.
  • Les Québécoises et les Québécois reconnaissent le rôle clé des parents dans les études de leurs enfants du primaire au cégep.
  • La majorité des personnes répondantes est favorable à l’inscription d’un enfant à une école publique secondaire dotée de programmes enrichis, mais une pluralité, en revanche, ne pense pas que les parents ont le devoir d’inscrire leur enfant dans une école privée.
  • L’accessibilité aux études collégiales et universitaires est perçue comme adéquate par une majorité, mais cette opinion diffère chez les jeunes et les personnes résidant hors RMR de Montréal et RMR de Québec.

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