L’endettement comme générateur d’inégalités au Québec

Publié le 3 avril 2024

Cette note d’analyse est la troisième d’une série explorant les liens entre les inégalités de patrimoine et de santé. Si l’étude du patrimoine dans sa globalité est éclairante à bien des égards, un examen plus approfondi de la dimension de l’endettement met en lumière certaines disparités, notamment en matière d’accès au crédit et de capacité d’emprunt. En quoi l’endettement influence les inégalités au Québec et plus particulièrement les inégalités sociales de santé ?

 

Faits saillants

  • La dette des familles moins nanties est majoritairement composée (74 %) de dettes à la consommation. Pour les familles les mieux nanties, c’est l’inverse : la dette est principalement (78 à 86 %) de nature hypothécaire.
  • Le prêt hypothécaire est le principal facteur d’accumulation de richesse pour un grand nombre de familles au Québec. De 1999 à 2019, la dette hypothécaire a augmenté de 154 milliards de dollars, alors que la valeur des actifs immobiliers a augmenté de 503 milliards de dollars.
  • L’accès au crédit est toutefois inégal. 1 personne sur 5 ayant déjà fait une demande de crédit s’est déjà fait refuser celle-ci. Cette proportion est plus élevée chez les hommes (23,2 %), les personnes autochtones (38,5 %), les personnes racisées (28,4 %) et les personnes à plus faible revenu (25,6 %).
  • Les personnes n’ayant pas accès au crédit dans les institutions financières se tournent parfois vers des prêts alternatifs à des taux d’intérêt très élevés. Au Québec, 3,7 % des personnes ont eu recours à des prêts alternatifs au cours des 24 derniers mois, tels que des prêteurs non bancaires en ligne, des prêteurs sur gages ou sur salaires. Cette proportion est plus élevée chez les femmes (4,3 %), les personnes racisées (7 %) et les personnes autochtones (9 %).
  • Parmi les personnes ayant des dettes, 28 % éprouvent des difficultés de remboursement . Ces difficultés sont davantage observées chez les personnes qui ont eu recours au crédit pour pallier une situation difficile, telle qu’une perte d’emploi ou une maladie (70 %) ou une combinaison de difficultés économiques (62 %).
  • Au Québec, les personnes ayant recours à l’endettement pour effectuer des dépenses courantes affichent un moins bon état de santé générale que celles n’y ayant pas recours. En effet, près du quart des ménages ayant un tel usage compensatoire du crédit perçoit sa santé comme mauvaise ou passable. Cette proportion est de 11 % chez les ménages qui n’ont pas recours à l’endettement pour effectuer des dépenses courantes.
  • On observe une relation positive entre le niveau de stress autoévalué et la difficulté à rembourser ses dettes. Au Québec, le niveau de stress engendré par les dettes atteint une moyenne de 2,9 (sur une échelle de 1 à 10) chez les personnes ne présentant aucune difficulté à rembourser leurs dettes. Chez les personnes pour lesquelles le remboursement des dettes s’avère très difficile, le niveau de stress moyen grimpe à 9,8.

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