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Pas moins, mais plus d’État pour contrecarrer les inégalités

Éric Desrosiers
Le Devoir

Ne vous laissez pas tromper par les chiffres sur la croissance, prévient Joseph Stiglitz. Les États-Unis n’ont pas trouvé la meilleure recette d’une prospérité à long terme pour tous. Ce serait même plutôt le contraire. Nos pays n’ont pas aujourd’hui un urgent besoin de moins d’État, mais de plus d’État, dit le Prix Nobel d’économie.

« Ne faites pas ce que les États-Unis font », s’est exclamé l’économiste américain lors d’une conférence à l’Université de Montréal lundi. L’idée, favorisée depuis 40 ans, qu’un État moins présent, avec des taxes plus faibles et une réglementation allégée, allait stimuler la croissance économique et finir par profiter au plus grand nombre « a été un échec ». Elle n’a contribué qu’à instaurer un cercle vicieux, où un tout petit groupe de privilégiés s’enrichit de plus en plus et gagne ainsi sans cesse plus d’influence politique, ce qui lui permet d’obtenir de nouvelles faveurs économiques.

Il est vrai que l’augmentation du produit intérieur brut (PIB) y est plus forte, ces temps-ci, que dans la plupart des autres pays développés, a admis le célèbre économiste en entrevue au Devoir. Cette plus grande vigueur, que connaît le pays depuis un peu plus d’un an, découle toutefois en bonne partie de l’effet euphorisant, mais passager, des baisses d’impôts massives accordées par Donald Trump aux plus riches et à des entreprises déjà gavées de liquidités, qui se traduiront bientôt en un déficit étourdissant de 1000 milliards par année. Mais il y a plus grave encore. « Ça fait longtemps que je dis que le PIB est un mauvais indicateur du niveau de bien-être de la population. En fait, lorsqu’on regarde les indicateurs de qualité de vie de l’ONU ou des autres [organisations], les États-Unis sont toujours loin des positions de tête, souvent détenues par les pays d’Europe du Nord. »

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