Thème: Besoins essentiels, Économie
Publié le 18 juin 2026
Faits saillants
Les effets du manque de logements adéquats sur la violence entre partenaires intimes
- La violence entre partenaires intimes désigne un type de violence domestique qui se produit au sein d’une relation intime actuelle ou passée.
- La violence conjugale se produit plus précisément dans une relation maritale, extraconjugale ou amoureuse. Elle désigne un rapport de domination qui s’exerce très majoritairement aux dépens des femmes.
- En s’appuyant sur la revue de littérature et les données disponibles, nos analyses statistiques se sont concentrées sur les coûts de la violence conjugale attribuables au risque de vivre dans un logement surpeuplé.
- Le manque d’espace et d’intimité est reconnu comme étant une source de stress et de tensions au sein des familles.
- Le surpeuplement augmente de 7,8 % le risque d’avoir subi au moins un acte de violence entre partenaires ou ex-partenaires intimes au cours des 12 derniers mois, comparativement aux personnes occupant un logement de taille convenable.
- Au Québec, le coût global de la violence conjugale est estimé à 2,3 milliards de dollars en 2022.
- La part des cas de violence entre partenaires intimes au Québec attribuable au surpeuplement des logements est estimée à environ 1 %. Ce pourcentage correspond à un coût de 23,2 millions de dollars en 2022 au Québec.
- De plus, le manque de logements abordables constitue un frein à la sortie de relations intimes violentes et précarise les victimes qui ont quitté une relation violente. Les femmes en situation de handicap ainsi que les femmes autochtones s’avèrent particulièrement vulnérables à cet égard.
- De même, les difficultés financières peuvent limiter les possibilités de sortie d’une relation violente. Les personnes se percevant comme très pauvres présentent un risque 59 % plus élevé d’avoir songé à quitter le domicile commun en raison de la violence subie, mais de ne pas l’avoir fait, comparativement aux personnes se percevant à l’aise financièrement.
Les effets du manque de logements adéquats sur le développement et le parcours scolaire des enfants
- Le développement des enfants désigne le processus d’évolution, de réalisation d’apprentissage et d’acquisition de compétences dans plusieurs domaines (moteur, affectif, cognitif, langagier, etc.) dès la naissance.
- La petite enfance, soit la période allant de la naissance à l’âge de 5 ans, constitue une étape cruciale qui influence fortement la réussite scolaire ainsi que les parcours de vie.
- Nos analyses statistiques s’intéressent aux conditions de logement durant cette période charnière.
- Elles indiquent que les conditions défavorables de logement durant la petite enfance nuisent d’abord au développement des aptitudes préscolaires, évaluées par l’enseignante ou enseignant alors que l’enfant était âgé d’environ 6 ans, puis aux performances en lecture au primaire quand l’enfant atteint environ 10 ans.
- Ces mauvaises conditions de logement installent ainsi une trajectoire de retard scolaire difficile à rattraper, laquelle peut conduire à la non-diplomation au secondaire.
- Par exemple, selon nos analyses, les enfants ayant grandi dans un logement nécessitant des réparations majeures présentent un risque 80 % plus élevé de ne pas obtenir de diplôme ni de qualification à l’âge de 21 ans.
- Le manque d’argent pour couvrir certaines dépenses essentielles, comme le loyer ou le chauffage, constitue également un obstacle important, augmentant de 81 % le risque de non-diplomation à 21 ans.
- Cette situation génère des coûts importants pour la société. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour calculer le coût directement attribuable aux mauvaises conditions de logement, mais la facture du décrochage scolaire a été évaluée à 20,3 milliards de dollars au Québec en 2024.
- Ce coût s’explique notamment par la différence de revenu d’emploi entre une personne sans diplôme ni qualification et une personne diplômée, ainsi que la perte de recettes fiscales qui en découle.
Ces résultats invitent à considérer les politiques d’habitation comme un levier d’action en matière de santé publique et de prévention de la violence domestique, de troubles du développement durant l’enfance et plus largement des inégalités sociales.
Cette note de recherche a été réalisée grâce à la contribution financière de :
- Direction régionale de santé publique du CIUSSS du Centre-sud-de-l’île-de-Montréal
- Direction de santé publique de la Montérégie du CISSS de la Montérégie Centre
- Direction de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale
- Direction de la santé publique du CISSS du Bas-Saint-Laurent
- Direction de santé publique du CISSS de Laval
- Direction de santé publique du CIUSSS de l’Estrie-CHUS
- Société d’habitation du Québec
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