Où en sont les 40 % moins nantis après plus d’un an de pandémie : résultats d’un sondage exclusif

Publié le 15 Décembre 2021

Communiqué

Le rapide déploiement de soutiens financiers des gouvernements dans les semaines qui ont suivi la
déclaration de l’état d’urgence sanitaire aura certainement aidé de nombreux ménages. Mais pendant que
ceux qui faisaient face à des pertes financières pouvaient se tourner vers des aides gouvernementales,
puiser dans leurs économies, ou s’endetter, d’autres pouvaient saisir des occasions d’accumuler de
l’épargne ou d’investir. Les individus sont inégaux, non seulement face à la COVID-19, mais aussi dans leur
capacité à s’adapter à cette crise inédite.
 En période de confinement et autres mesures préventives visant
à limiter la propagation de la COVID-19, la résilience a tenu un rôle crucial sur le maintien du bien-être
physique, mental et social ainsi que sur la sécurité financière.

L’Observatoire québécois des inégalités dévoile les principaux résultats d’un grand coup de sonde effectué
à l’été 2021 auprès de 1 354 Québécois et Québécoises ayant des revenus faibles ou modestes. Les résultats
reflètent la situation d’un bassin assez large de la population québécoise dont les revenus autodéclarés se
situent approximativement dans les 40 % les moins élevés. Le sondage a permis de recueillir des
informations sur les répercussions de la pandémie dans plusieurs sphères de la vie quotidienne, sur les
ressources mises à profit qu’elles soient gouvernementales, communautaires ou autres et sur les besoins
liés à la situation pandémique et plus largement au milieu de vie. Plus d’un an après le début de la crise
sanitaire, les difficultés et les besoins sont-ils aussi aigus qu’au cours des premiers mois?

 

Une prise de vue un peu plus d’un an après le début de la pandémie

  • 37 % des répondants et répondantes déclaraient que leur santé mentale représentait un problème malgré la période estivale et un contexte d’assouplissement des mesures sanitaires. Les jeunes et les femmes de l’échantillon sont plus susceptibles d’exprimer cette préoccupation pour leur bien-être émotionnel, psychologique et social, de même que les familles et les personnes résidant dans une grande ou moyenne agglomération.
  • 34 % des répondants et répondantes considéraient que leurs finances personnelles représentaient un problème après trois vagues de COVID-19. Cette préoccupation est plus forte chez les individus dont le revenu total du foyer ne dépasse pas 30 000 $ par an et chez les locataires de l’échantillon moins nanti.

 

Des besoins toujours importants dans l’échantillon de personnes moins nanties

  • 28 % des répondants et répondantes ont puisé dans leurs économies pour parvenir à combler leurs dépenses de base depuis le début de la pandémie.
  • 23 % ont eu davantage recours à leur(s) carte(s) de crédit et 6 % ont emprunté sur une marge de crédit personnelle.
  • 11 % ont bénéficié d’un don ou prêt d’argent de leur entourage.
  • Les personnes qui ont recouru à l’une ou l’autre de ces options sont, de façon significative sur le plan statistique, plutôt âgées de 35 à 44 ans, ont un emploi salarié ou un travail autonome, résident dans une grande ou moyenne agglomération, vivent avec un ou des enfants. C’est aussi davantage le cas de personnes dont le revenu du foyer ne dépasse pas 30 000 $ et de celles qui ont reçu deux ou trois aides gouvernementales.

La firme de sondage Léger a été mandatée pour effectuer ce coup de sonde qui a eu lieu entre le 29 juin et
le 15 juillet 2021 auprès d’un panel Web d’adultes résidant au Québec et pouvant s’exprimer en français ou
en anglais. L’échantillonnage est non probabiliste, comme dans les sondages par panel Web, et ne comporte
donc pas de marge d’erreur. Les données ont été pondérées à l’aide des plus récentes statistiques afin de
représenter la population à l’étude. Celle-ci correspond aux 40 % des personnes ayant les plus bas revenus
sur la répartition de l’ensemble des revenus au Québec. Les résultats ne peuvent donc pas être généralisés
à l’ensemble de la population, ni aux personnes en situation de très grande pauvreté.

Ce sondage est la première étape du Projet résilience qui vise à mieux comprendre la dynamique des
facteurs de vulnérabilité et de protection face à la crise sanitaire chez des populations moins nanties. Un
suivi qualitatif par entrevues complètera les données du sondage.

 

L’Observatoire tient à remercier pour leur soutien financier

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À propos de l’Observatoire québécois des inégalités

Basé à l’Université de Montréal, l’Observatoire québécois des inégalités est un courtier de connaissances
qui éclaire avec des connaissances scientifiques vulgarisées les réflexions et les prises de décision
concernant les inégalités de revenu, d’opportunité et de qualité de vie. observatoiredesinegalites.com

 

Informations

Pour toute demande d’entrevue ou d’information, les médias peuvent communiquer avec :

Marianne Castelan
Responsable des communications et affaires publiques
m.castelan@observatoiredesinegalites.com
438 495-7416

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